Nommer les «Américains», un peuple sans nom véritable.
America – democracy – liberty.
Pour la plupart des «Américains», ces mots sont synonymes. «America»
est un projet, une entreprise. C'est un bateau à mener à bon port sur l'océan-
terre. «USS-Enterprise!»
Parlant français-québécois, je ne peux continuer à écrire en américain. Mais
je vis sur le continent qui porte ce nom et je m'identifie comme un citoyen
appartenant à ce continent.
Le peuple américain est un peuple d'espoir et j'aimerais attribuer à son pays
le nom de «Hopeland», avec peut-être une déformation toute américaine, le
I pour Indian : «Hopiland».
Naturellement les «Hopelandais» pourraient s'appeler comme ils
voudraient bien qu'on les appelle, mais pas «Américains» : l'Amérique est
encore plus grande que le «Hopeland» ou «Hopiland». J'avoue une
préférence marquée pour la deuxième tournure, qui ajoute une dimension
historique non négligeable. Le peuple Hopi, de lignée matriarcale, qui habite
l'Arizona, est d'une certaine manière assez proche des peuples Palestinien,
Afghan et Irakien, qui habitent aussi des zones arides.
Je mets ma confiance dans le peuple «Hopelandais» pour qu'il accepte de
se nommer autrement qu' «Américains». C'est qu'il n'y a pas droit, c'est
une usurpation. Le «Hopiland» n'est qu'un des pays de l'Amérique.
«Hopland» est un raccourci trop facile et trop tentant. «Allez, hop!» n'est
pas de mise : la vitesse d'exécution ne permet ni la réflexion ni l'espoir.
«Happyland» n'est pas de circonstance non plus. «Hopeland» est bien
mérité, je crois, et «Hopiland», encore plus grave en ces circonstances,
mérite encore plus.
Soigner les mots pour soigner en réalité. Les peuples Palestinien, Afghan,
Irakien et Hopelandais ont besoin de soins. Si le peuple «Américain»
acceptait de se renommer, je crois que ce serait très encourageant pour tout
le monde.
…………Laurelou Deschutes……….